Nikolas Sarkozy à Pékin

L’embellie franco-chinoise toujours fragile

jeudi 29 avril 2010

Depuis le mercredi 28 avril 2010, le Président français, Nicolas Sarkozy effectue une visite d’Etat de trois jours en Chine. Hu Jintao, le Président chinois évoque une nouvelle page dans les relations franco-chinoises.

La visite du Président Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni au Président Hu Jintao est considérée comme un signe de réconciliation entre Paris et Pékin. Il s’agit de sa quatrième visite en Chine depuis qu’il a été élu et sa deuxième visite d’Etat, après celle de novembre 2007.

En 2008, ses positions sur le Tibet, sa rencontre avec le Dalaï-Lama, le passage mouvementé de la flamme olympique en France et la menace de boycotter l’ouverture des jeux olympiques de Pékin avaient provoqué de vives tensions entre les deux pays. Toutes les deux parties attendent beaucoup de ce nouveau rapprochement.

Le Président chinois Hu Jintao a déclaré que la visite d’Etat de son homologue français Nicolas Sarkozy ouvrait "une nouvelle page" dans les relations bilatérales. L’Elysée veut voir dans la transformation en visite d’Etat de ce qui devrait n’être qu’une participation de Nicolas Sarkozy à l’inauguration de l’exposition universelle de Shanghaï prévue pour vendredi prochain, le signe que la page de brouille est définitivement tournée.

Ainsi, Jean-Vincent Brisset, chercheur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) voit cependant dans le ton plus aimable des dirigeants chinois avec les Occidentaux ces derniers mois, un effet "Expo’2010", laquelle se veut une nouvelle vitrine de la puissance chinoise après les JO de 2008. "Ils ne peuvent pas se permettre un boycott de Shanghai. ils seront donc polis jusqu’en octobre", prédit le chercheur.

Les avisés des relations internationales qualifient l’embellie franco-chinoise de fragile et à la merci du moindre faux-pas. "La période de brouille est officiellement terminée mais la France demeure en observation", a déclaré Valérie Niquer à l’agence REUTER. Les deux hommes au cours de leur rencontre vont évoquer des sujets sensibles tels que le nouvel ordre monétaire du G20 et la question du nucléaire iranien.

Sanction contre l’Iran

La Chine reste hostile à des sanctions renforcées contre l’Iran dans le dossier nucléaire iranien. La France est un des pays qui poussent le plus à de fortes sanctions contre Téhéran, y compris un éventuel embargo pétrolier. Or, la Chine achète à l’Iran une partie du brut dont elle a besoin pour sa croissance économique à deux chiffres. Mais l’Elysée rassure qu’il n’est pas question que les pays importateurs soient victimes d’une résolution de sanctions.

Le Président français présidera le G20 à partir de fin 2010. Et pour cela, il lui faut de la coopération de la Chine. "C’est une réflexion plus large que nous souhaitons voir s’engager dans un esprit coopératif, constructif, positif, pendant la présidence française du G20", soutient-on, côté Paris. Avec un tel rapprochement, Paris et Pékin veulent aussi oublier les échanges aigres des négociations de Copenhague sur le climat dont Nicolas Sarkozy a imputé le fiasco à l’intransigeance chinoise.

Boureima SANGA


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