L’immunité de Marc Ravalomanana pomme de discorde
Les pourparlers intermalgaches n’ont pas abouti à un accord de sortie de crise dans la nuit de vendredi 30 avril à samedi 1er mai 2010 à Pretoria. Un nouveau round de négociations est prévu dans 15 jours toujours en Afrique du Sud. Les deux camps ne se sont pas entendus sur la question de l’immunité du président déchu, Marc Ravalomanana.
Ils ont passé trois jours et trois nuits à discuter et souvent tard, les acteurs de la crise malgache. Et pourtant, ils n’ont pas signé l’accord de sortie de crise escompté. Les acteurs politiques malgaches se sont finalement séparés sans accord.
Aussitôt rentré samedi 1er mai de Pretoria, l’homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina, après avoir déclaré que Pretoria était un échec, a annoncé son intention de rencontrer l’armée et de constituer dans les 48 heures, un nouveau gouvernement. Le médiateur Joachim Chissano avait pourtant annoncé pour sa part, que les quatre mouvances étaient d’accord sur la mise en place d’un gouvernement de transition et une signature dans 15 jours.
Dès son arrivée à Antananarivo, la capitale malgache, le président de la Haute Autorité de transition a rencontré la presse. Andry Rajoelina a déclaré que « Pretoria est un échec ». Il fait porter la responsabilité de cet échec aux autres mouvances, sur ceux qui insistent encore sur les accords de Maputo et d’Addis-Abeba. Pour lui, il n’est plus question de discuter des partages de sièges, mais de sortir le pays de la crise. Pour ce faire dès ce lundi 3 mai, il rencontrera les responsables des forces armées et ensuite, il fera une déclaration pour présenter une feuille de route pour accéder à la quatrième République.
La rencontre annoncée de Rajoelina avec les responsables des forces armées fait suite à l’ultimatum lancé, en mars dernier, au président de la Haute autorité de transition.
Andry Rajoelina précise qu’il n’est plus question de mettre en place de nouvelles institutions. La transition n’a que trop duré.
Ainsi, un autre gouvernement sera mis sur pied et aura pour mission d’organiser tout le processus électoral pour l’avènement de la quatrième République. Les Forces armées avaient donné au chef de la transition jusqu’au 30 avril, pour trouver une issue à la crise.
On se souvient que lors de la première rencontre entre les deux parties le 12 avril, les responsables des Forces armées malgaches avaient exigé des autorités de la transition, la publication d’une feuille de route claire et vérifiable dans les 48 heures.
Mais Rajoelina avait évoqué la préparation du sommet intermalgache de Pretoria pour solliciter une prolongation jusqu’au 30 avril. L’idée de Rajoelina était ainsi de présenter aux forces armées l’accord qu’il aurait passé avec les autres chefs de mouvances politiques. L’accord n’a pourtant pas abouti mais rassure disposer d’un plan de sortie de crise.
Du côté de l’opinion, les avis sont divergeants, car si certains observateurs craignent une prise de pouvoir militaire en cas d’absence de feuille de route, d’autres continuent de croire que l’ultimatum est juste une forme de pression sur les autorités de manière à les obliger à trouver une issue à la crise. Question : Rajoelina saura-t-il éviter la prise du pouvoir par l’armée ?
Enok KINDO