Défilé du 14-juillet à Paris

Hommage aux soldats africains

jeudi 15 juillet 2010

Des contingents militaires venus de 13 pays africains (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo et Madagascar) ont ouvert, mercredi à Paris, le traditionnel défilé du 14 Juillet, fête nationale française en descendant les Champs-Elysées sous les ovations des spectateurs sortis nombreux pour la circonstance.

Arrivé sur les champs Elysées aux environs de 10 h00, heure locale, le président français, Nicolas Sarkozy a été accueilli par le chef d’état-major des armées, l’Amiral Edouard Guillaud et le gouverneur militaire de Paris, le général de corps d’armée, Bruno Dary.

Honneurs militaires et revue des troupes à bord d’une jeep escortée par la cavalerie, le Président Sarkozy assiste ensuite avec le Premier ministre, François Fillon, le ministre de la Défense, Eric Besson et le secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, Hubert Falco à l’exéctuion de la Marseillaise ovationné par les populations sorties nombreuses pour la circonstance.

Le cérémonial est parfaitement reglé et c’est par le défilé aérien animé par un nombre impressionnant de mirages et autres avions de guerre que débute la gigantesque parade du 14 juillet 2010 qui durera environ de 2 heures. Précédé par 13 détachements africains, le défilé des troupes à pieds qui suit le ballet aérien savament exécuté est un spectacle riche en couleurs.

Les porte-drapeaux des armées africaines présentes sont particulièrement remarqués de même que les 26 tambours africains venus prêtés main forte à la fanfare française appuyée par la gendarmerie et un chœur d’enfants. Les tambours du 1er régiment des Spahis sont là aussi, suivis avec interêt. Le passage des contingents africains sera suivi du défilé des troupes d’une quinzaine d’écoles de formation du ministère de l’Intérieur, ainsi que des unités de la gendarmerie et des sapeurs pompiers.

Ce defilé des troupes à pieds sera bouclé par la légion étrangère, très applaudie pour son pas lent et majestueux. Le défilé des troupes motorisées fera voir des engins légers, des chars et autres blindés. la parade, ce fut aussi le défilé des hélicoptères où la marine nationale, l’aviation légère de l’armée de terre ont fait des exhibitions fort réussies malgré la pluie qui s’est abattue sur Paris en cette journée commémorative.

Le saut des parachutistes avec le drapeau de chaque armée africaine invitée à la fête nationale française a mis fin au défilé qui était placé sous le sceau du cinquantenaire des indépendances africaines. Des chefs d’Etat africains invités d’honneur à la commémoration ont suivi avec attention la parade militaire qui a rendu hommage à leurs armées et aux anciens combattants.

Les liens particuliers célebrés

A travers cette invitation des chefs d’Etat et des contingents africains, à la fête nationale française, le président Sarkozy entendait célébrer l’engagement de la « Force noire ». Soulignant que c’est aussi le lien de sang qui est célébré, M. Sarkozy a justifié ce fait par le lien né de la contribution des troupes africaines à la défense et à la libération de la France.

« Des milliers de soldats venus d’Afrique sont morts pour la France lors des deux guerres mondiales et reposent aujourd’hui dans nos nécropoles. Venus défendre la République, ils ont écrit certaines des plus belles pages de notre histoire commune et leur héroïsme fait la fierté des deux continents », a-t-il declaré.

Rappelant que c’est l’Afrique qui donne à la France libre sa première assise territoriale à partir de 1940, le président français a soutenu que c’est encore en Afrique que se déroulent les premières campagnes militaires qui aboutiront plusieurs années plus tard, à la libération du territoire métropolitain. « J’ai voulu rendre à ses soldats l’hommage qu’ils méritent en invitant les armées nationales des Etats africains qui fêtent cette année cinquante années d’indépendance à ouvrir le défilé », a-t-il fait remarquer.

Il a ensuite précisé le devoir d’assumer cette histoire commune, avec ses pages glorieuses et ses pages sombres. Selon lui, c’est encore le devoir de continuer à écrire cette histoire entre Etats souverains qui trouvent dans ce passé commun et dans la densité des liens noués entre leurs peuples, un terreau fertile pour développer le nouveau cadre de leur relation.

Par Issa SOMA

Envoyé spécial à Paris


En marge du défilé, nous avons rencontré le chef de corps de la Garde nationale du Burkina Faso, le colonel Traoré Jean Calvin et le colonel Choua du Tchad. Ils nous livrent leurs sentiments sur la participation des troupes de leurs pays respectifs à ce jubilé d’or en France.

Sidwaya (S.) : Pouvez-vous nous présenter le contingent burkinabé qui prendra part à la parade du 14 juillet ?

Le colonel Traoré Jean Calvin (CTJC) : Dans le cadre de la commémoration du cinquantenaire des indépendances africaines en France, il faut dire que le contingent burkinabé est au nombre de 40 personnes dont deux anciens combattants. Pour ce 14 juillet, il faut savoir que les contingents africains sont dimensionnés de la même façon.

S. : Quel sens donnez-vous à la participation du contingent burkinabé à ce défilé du 14 juillet ?

CTJC : Le premier intérêt est le plaisir de se retrouver avec les autres armées, entre frères d’armes. Vous savez que nous sortons de la même matrice à savoir que nous avons les mêmes traditions. Mais dans le défilé, chacun a son originalité et cela donne l’occasion de voir les différences. En tant que Garde nationale, je participe chaque année à l’organisation de la fête du 11 décembre au Burkina. C’est l’occasion de voir comment les Français organisent leur 14 juillet. C’est vraiment riche en enseignements.

S. : Comment avez-vous préparé ce défilé avec les autres armées africaines ?

CTJC : Chaque jour depuis notre arrivée nous procédons très tôt le matin (4 heures locales) aux entraînements sur les Champs Elysées. Nous libérons les lieux après pour poursuivre au sein d’une caserne ayant les mêmes dispositions que les Champs Elysées. Nous répétons toute la matinée et les soirées sont réservées aux visites. Il y a une répétition pour les différents pays africains avec leurs drapeaux respectifs.

S. : Qu’est-ce que cela vous fait de participer à la fête nationale du 14 juillet ?

Le colonel Choua (CC du Tchad) : Le Tchad a participé à la libération de la France. Donc nous ne pouvons pas ne pas participer à ce défilé aux côtés de nos frères africains. Nous allons bien défilé pour montrer au peuple français que nous sommes des armées au service du développement.

S. : En tant que militaire, est-ce que cela vous apporte quelque chose en terme d’expérience ?

CC : Nous allons défiler avec nos frères africains. Certainement qu’on va tirer des expériences qui nous permettront d’améliorer notre façon de faire. Cela nous permet aussi d’avoir des relations non seulement avec des militaires français, mais aussi avec les militaires africains.

Un officier supérieur du Cameroun qui a requis l’anonymat et qui a même refusé de parler devant les micros a tout de même répondu à nos questions.Sidwaya : Qu’est-ce que cela vous fait de participer à la fête nationale de la France le 14 juillet ?

Réponse : En tant que militaire, si nos supérieurs nous demandent de venir défiler en France, nous ne faisons qu’exécuter cet ordre. On n’a pas d’avis à émettre.

S. : Y a-t-il un intérêt à participer à ce défilé ? Est-ce votre première fois ?

Réponse : Il y a quelques années, 33 armées africaines se sont retrouvées à Tripoli (Lybie) pour une parade. Ce nombre est plus élevé que les contingents africains pour la fête nationale française.

Propos recueillis par Issa SOMA

Envoyé spécial à Paris


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