5ème semaine des sciences agricoles

Blaise Compaoré appelle à une double révolution verte

vendredi 23 juillet 2010

La cérémonie officielle d’ouverture de la 5ème semaine des sciences agricoles s’est déroulée hier 22 juillet dans la salle de banquets de Ouaga 2000. Blaise Compaoré, Président du Faso, à cette occasion, a appelé les pays africains à redoubler d’efforts pour une véritable révolution verte.

C’est dans une capitale burkinabè sous une pluie que le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) a ouvert officiellement ses travaux. Toutefois, cela n’a rien enlevé à la grandeur de la cérémonie des sommités du monde de la recherche qui ont pris la parole pour plaider en faveur de la recherche scientifique et la vulgarisation des technologies innovantes, notamment dans le domaine agricole.

Le président du comité exécutif du FARA, Denis Kyeteré, spécialiste en amélioration végétale, a noté l’urgence de la dissémination des résultats de la recherche agricole partout en Afrique. Toute chose qui doit se faire à travers un échange permanent d’expériences entre les différentes structures de recherches africaines.

Dans la même lancée, le président de l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA), le docteur Namanga Ngoni, a noté qu’il existait encore en Afrique une grande fracture entre les laboratoires et les champs. "Nous devons nous assurer que les technologies que nous mettons au point aillent effectivement dans les champs des paysans".

Pour lui, la révolution verte prônée par les différents acteurs, passe nécessairement par la valorisation des savoirs locaux qui sont plus faciles à faire adopter par les populations rurales. C’est, dit-il, ce que l’AGRA tente de faire en Afrique.

En Afrique de l’Ouest, et en particulier au Burkina, l’Alliance pour la révolution verte en Afrique, à travers le docteur André Bationo apporte sa contribution à cette démarche de vulgarisation des nouvelles techniques agricoles telles que le micro-dosage, la technique du goutte-à-goutte. L’AGRA met également l’accent sur l’accès des producteurs aux intrants et aux crédits agricoles.

Le docteur Namanga Ngoni a terminé ses propos en louant les efforts du Président du Faso, Blaise Compaoré, dans le développement de l’agriculture au Burkina. En effet, le Burkina Faso est l’un des rares pays africains à avoir répondu favorablement à l’appel de Maputo en consacrant au moins 10% de son budget à l’agriculture et cela, depuis 2006.

Dans son allocution, qui est un véritable plaidoyer pour l’agriculture, le Président du Faso a souligné son inquiétude quant aux crises alimentaires récurrentes sur le continent alors que les populations ne cessent de croître.

D’où la nécessité d’apporter des réponses urgentes pour nourrir le 1,9 milliard d’habitants attendus sur le continent à l’horizon 2050. Le défi majeur est donc, selon lui, la capacité de l’Afrique à innover. Des technologies nouvelles ainsi que la biotechnique sont à exploiter si l’on veut en finir avec le cycle de famines sur le continent.

Se réjouissant du choix du thème de la 5e semaine des sciences agricoles, "L’innovation agricole dans un environnement mondial en mutation", il a manifesté sa joie de voir le Burkina abriter une manifestation aussi prestigieuse.

"Le Burkina entend saisir cette occasion pour partager avec les autres pays les résultats de sa démarche et s’enrichir de leurs expériences", a soutenu Blaise Compaoré. A cet égard, soutient le Président du Faso, l’identification des meilleures pratiques à travers le monde et leur large diffusion auprès des producteurs africains sont des axes à privilégier.

Car selon lui, il est temps de dépasser le concept de révolution verte classique, pour s’engager vers une révolution doublement verte.

Parlant de l’expérience du Burkina, Blaise Compaoré a signalé que le Burkina consacre déjà, depuis quelques années, une journée aux innovations agricoles afin de non seulement sensibiliser l’ensemble des acteurs, sur la place primordiale de la science dans la quête de la sécurité alimentaire et la sauvegarde des écosystèmes, mais aussi de vulgariser les progrès réalisés dans le pays en matière de lutte contre la pauvreté.

Fatouma Sophie OUATTARA


Blaise Compaoré : "Il est temps que l’Afrique s’organise..."

Nous attendons de cette rencontre que l’Afrique puisse prendre conscience que nous sommes plusieurs décennies confrontés à des pénuries alimentaires pour un continent qui dispose de terres immenses, très riches en biodiversité, qui a également une grande population, des talents comme nous l’avons vu dans la recherche scientifique.

Donc, il est temps qu’on puisse s’organiser mieux, qu’on prenne conscience que l’agriculture doit être le levier pour le développement du continent car il est important que nos populations africaines puissent se nourrir avant d’imaginer autre chose. Nous en avons les moyens, en commençant bien sûr par de meilleures organisations pour la production, de meilleures recherches et de vulgarisation des résultats de ces recherches mais aussi une meilleure commercialisation des produits vivriers sur le continent.

Cela peut combler les pénuries, les excédents, et les déficits alimentaires africains. Nous avons besoin pour une agriculture plus forte de faire le commerce avec le reste du monde et là aussi, il faut nous impliquer.

D’une manière générale, je pense qu’il s’agit là d’interpeller les décideurs politiques, les acteurs de terrain, à une meilleure mobilisation pour une agriculture plus forte sur le continent africain. Le thème du forum est très pertinent. Il s’agit tout simplement d’observer : aujourd’hui, vous avez des semences qui vous donnent une à deux tonnes par hectare et des semences qui vous donnent 5 tonnes.

Vous comprenez que pour un paysan le revenu c’est d’abord par-là. Cela veut dire que les innovations doivent aller dans ce sens-là à travers la mise au point des techniques culturales qui contribuent fortement à la productivité


La médaille de la Gloire à Blaise Compaoré

Le Président du Faso, Blaise Compaoré, est la personnalité qui a retenu l’attention de la Fondation pour la démocratie en Afrique, en cette année 2010. Pour cela, il lui a été décerné la médaille de la Gloire 2010. La cérémonie d’ouverture de la 5e semaine des sciences agricoles a servi de cadre pour la remise de cette distinction honorifique.

Selon le président de la Fondation, Fred Oladeindé, la médaille de la Gloire a été attribuée au Président du Faso, pour ses efforts accomplis dans le domaine de la sécurité alimentaire, l’accroissement de l’économie burkinabè, la lutte contre la corruption et son leadership dans la sous-région en tant que facilitateur dans la résolution de plusieurs conflits. Blaise Compaoré s’est dit fier pour le Burkina. Car selon lui, ce prix honore tout le Burkina Faso.

"Le mérite revient à tout le peuple burkinabè qui a su créer les conditions de l’émergence d’un Etat de droit. Car de toute évidence, seul un environnement politique de liberté, de stabilité peut offrir aux paysans et chercheurs, les possibilités de déployer avec succès leurs talents de créativité", a déclaré le Président Blaise Compaoré.

Propos recueillis par Saibou BARRY

elsaheb5@gmail.com


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