Favoriser un accès aux sources de l’information
Un atelier de sensibilisation au droit d’accès des journalistes aux sources de l’information s’est tenu le 23 juillet, au Centre culturel français Georges Méliès. Initié par le Centre national de presse Norbert Zongo, cet atelier dont l’objectif est d’aboutir à une meilleure collaboration entre journalistes et agents de l’administration, a regroupé une quarantaine de personnes.
"Les libertés d’opinion, de presse et le droit à l’’information sont garantis. Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlements en vigueur", stipule l’article 8 de la Constitution burkinabè.
Cependant, le droit d’accès à l’information administrative qui concerne d’une part, l’accès aux documents administratifs et d’autre part, la conservation et la consultation publique des archives ne sont pas une réalité totale pour les journalistes.
En effet, il n’est pas rare d’assister, souvent, à des conflits entre les agents de l’administration (Directeurs de la communication et de la presse ministérielle (DCPM), des agents chargés de la communication et des relations publiques) et les hommes des médias. Et cela, parce que les uns et les autres n’ont pas une bonne maîtrise des missions. qui leur sont confiées.
C’est dans la perspective de sensibiliser ces deux entités, que cet atelier a été organisé pour cerner la problématique via les différentes interventions. "Le droit d’accès à l’information, une exigence de l’Etat de droit", c’est le thème développé par le juriste Abdoul Karim Sango. Pour ce dernier, le droit d’accès à l’information n’est pas l’apanage des seuls hommes des médias, mais une exigence démocratique.
Aussi, le dispositif juridique susceptible d’encadrer le droit d’accès à l’information repose sur l’article 8 de la constitution, les articles 49, 50 et 51 ne conférant aux journalistes qu’un droit d’accès à l’information très limité. La deuxième communication qui portait sur "La prise de connaissance des textes de loi : les droits et devoirs des journalistes" a été présentée par Sibiri Eric Kam, président de la Ligue pour la défense de la liberté de la presse (LDLP).
M. Kam, quant à lui, a affirmé que le code de l’information du 31 décembre 1993 ne confère pas en tant que tel un statut juridique aux journalistes, mais apparaît plus plutôt comme un élément régulateur de la profession du journaliste. Il renchérit : "le droit d’accès à l’information est un contrat social".
En effet, l’administration qui travaille pour l’intérêt général doit permettre aux citoyens de savoir comment elle travaille. C’est ainsi que l’établissement d’une juridiction de pair serait nécessaire pour éviter les dérapages dans l’exercice de la profession de journaliste.
"Le rôle du directeur de la communication et de la presse ministérielle dans l’accès aux sources de l’information", était le troisième thème développé par Justin Coulibaly, secrétaire général du SYNATIC. Pour ce thème, il a été question de définir le rôle, les privilèges accordés aux charges de communication et les difficultés liées à la profession du jounalisme.
Il s’agit entre autres, des lourdeurs administratives, la culture du secret, la mauvaise approche du demandeur d’information, le problème de l’archivage au sein de l’administration etc.
La dernière personne à intervenir fut le directeur de publication de l’Observateur Paalga Edouard Ouédraogo, qui a abordé la thématique suivante : "Comment améliorer la collaboration entre agents de l’administration et journaliste".
Bien que les journalistes ne soient pas dépourvus de reproches dans l’exploitation des documents que les agents publics mettent à leur disposition, Edouard Ouédraogo a invité les agents de l’administration, notamment les directeurs de la communication et de la presse ministérielle à être les avocats des journalistes auprès des structures, à s’imposer par le respect et à véhiculer une bonne image d’eux.
Ils doivent, a-t-il dit, "s’imposer avec professionnalisme et panache". D’autres problèmes tels que la mauvaise gestion des perdiems qui entravent souvent la relation entre les Directeurs de la communication et de la presse ministérielle (DCPM) et les journalistes ont été évoqués.
Cet atelier a pris fin par la lecture de trois recommandation portant sur l’adoption d’une loi spécifique concernant le droit d’accès aux documents administratifs, la mise en place par les hommes des médias, d’un observatoire de la presse, afin de jouer le rôle de justice de pair et l’adoption d’une loi spécifique sur l’accès aux sources de l’information.
Nicole Ouédraogo
( Stagiaire)