Espace UEMOA

Des actes qui magnifient l’intégration

mardi 27 juillet 2010

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) fait vivre aux populations des Etats membres, l’intégration en termes de réalisation de projets communautaires. En effectuant du 19 au 24 juillet dernier, un voyage de presse sur des chantiers de l’UEMOA au Burkina, les hommes des médias ont fait le constat de l’exécution du Programme régional hydraulique villageoise et la mise en œuvre du Projet d’aménagement de la route Dori-Téra-frontière du Niger.

Véronique Nacoulma est habitante du village de Binsonnonghin dans le chef-lieu de la région du Centre-Sud (Manga). Comme beaucoup d’autres femmes dans le village, elle allie, en cette période hivernale, les activités ménagères et les travaux champêtres. Avant la réalisation du forage, nous a-t-elle confié, "Nous parcourions au jour le jour, 5 kilomètres pour nous approvisionner en eau potable".

La tâche n’était pas de tout repos et Mme Nacoulma, avec un bébé au dos, n’en sait pas trop aujourd’hui de l’institution qui a initié et favorisé la réalisation de l’ouvrage hydraulique dont elle est fière. L’acquisition du nouveau forage équipé de pompe à motricité humaine, a-t-elle révélé, soulage énormément les habitants du village. "C’est une épine qu’on nous a enlevée du pied et nous seront toujours reconnaissants au donateur". Cet avis est également partagé par Issaka Tiemtoré, président du comité de gestion de l’ouvrage hydraulique.

Le travail du comité, a-t-il confié, est de veiller à l’entretien de l’ouvrage, à la sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement, mais aussi de sanctionner tout comportement pouvant porter préjudice au bon fonctionnement du point d’eau. 1 000 F CFA par an est demandé à chaque chef de famille pour l’entretien de la pompe et, à en croire le président du comité de gestion, chacun s’acquitte de la somme, de façon citoyenne.

Binsonnonghin a été le seul village accessible parmi quatre retenus pour rendre visibles les actions de la Commission de l’UEMOA en matière d’hydraulique villageoise dans la région du Centre-Sud et pour cause ? L’impraticabilité de la route reliant les villages de Baraontinga, Ganwoko et Léongo, en cette période des pluies, n’a pas permis aux hommes des médias de s’y rendre.

Toutefois, il ressort des explications du directeur régional de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques du Centre-Sud, Michel Tiombiano que, sur une prévision de 135 forages dans la région, 136 ont été réalisés dans le cadre du Programme hydraulique villageoise de l’UEMOA. Ces forages se répartissent comme suit : 60 dans le Bazèga, 46 dans le Nahouri et 30 dans le Zoundwéogo.

Selon M. Thiombiano, la région du Centre-Sud a un taux d’accès à l’eau potable de 73 %. Le Programme hydraulique villageoise de l’UEMOA, répond réellement à un besoin des populations bénéficiaires. Maintenant, il faut s’inscrire dans la durabilité pour la gestion efficiente des ouvrages hydrauliques et les populations en sont conscientes.

Un programme bénéfique

Au niveau de chaque forage équipé de pompe à motricité humaine visité aussi bien dans la région du Centre-Sud que dans celle du Plateau central, un comité de gestion est mis sur pied.

Les membres des comités de gestion note-t-on, ont été formés et jouent le rôle d’interface avec l’administration. Les difficultés relevées sont surtout liées à la répartition spatiale des points d’eau et démontrent que des défis restent toujours à relever, car les besoins sont immenses. Que retenir du Programme hydraulique villageoise de l’UEMOA dans la région du Plateau central ?

"Le Programme hydraulique villageois de l’UEMOA est un programme hautement bénéfique pour les populations rurales", s’exclame Ousmane Diallo, maire de la commune rurale de Niou, dans la région du Plateau central. En visitant les ouvrages hydrauliques qui sont le fruit de l’intégration en marche dans l’espace communautaire, les journalistes se sont rendus compte de l’intérêt et de la portée de tels chantiers pour tous les Etats membres.

A Niou et respectivement dans les villages de Raongo et de Mouni, les hommes des médias ont fait le constat des ouvrages hydrauliques. Bien construits et équipés tout comme dans le chef-lieu de la région du Centre-Sud, les ouvrages font la fierté des populations bénéficiaires. Et ce ne sont pas les élèves de l’école primaire publique de Raongo qui diront le contraire. Eux qui bénéficient d’un forage (UEMOA) dans l’enceinte de l’école.

Même son de cloche pour les habitants du village de Mouni qui se déplaçaient jusqu’au village de Tamsé à quatre kilomètres pour s’approvisionner en eau potable. Aujourd’hui avec l’UEMOA, nous a confié Ibrahim Derra, responsable de l’assainissement, "Nous sommes soulagés".

L’implantation du forage dans le village a-t-il poursuivi, améliore nos conditions de vie et de travail. "Nous avons mis en place un comité de gestion et chaque chef de famille est appelé à donner une contribution de 500 F CFA par an pour assurer la pérennité de l’ouvrage, à travers les travaux de maintenance".

Ousmane Diallo, maire de Niou, souhaite que l’UEMOA intervienne davantage dans sa commune de 32 000 habitants, car le besoin est toujours pressant en matière d’eau potable.

Vivre l’intégration par les actes

Tout en reconnaissant l’apport remarquable depuis 2005 de l’UEMOA pour l’accès à l’eau dans le Plateau central, la directrice régionale de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, Gisèle Tapsoba, dit que si l’on considère 1 forage pour 300 habitants, cela fait 300 000 habitants que l’UEMOA a pu approvisionner en eau portable dans la région, exception faite des forages, au bénéfice des écoles même si toutes ne sont pas dotées de point d’eau.

Avant l’avènement du Programme, le taux d’accès à l’eau potable dans la région du Plateau central, selon Mme Tapsoba, était de 50 %. Actuellement, il est de 70 %. C’est dire que l’impact du programme est positif. Et aux côtés d’autres partenaires telles la JICA, l’UNICEF et des ONG qui interviennent également dans ce domaine, il est à espérer des lendemains meilleurs pour nos populations rurales.

Comme au Burkina Faso, l’exécution du Programme hydraulique villageoise de l’UEMOA s’est fait ou se poursuit dans les autres pays membres. Du moins pour ce qui est de la phase-pilote portant sur la réalisation de 3 000 forages positifs équipés de pompes à motricité humaine.

Le voyage de presse a également amené les hommes des médias à s’imprégner de l’état d’avancement des travaux de la mise en œuvre du projet d’aménagement de la route Dori-Téra et de facilitation du transport sur le corridor Ouagadougou-Dori-Niamey.

D’un coût de 14 milliards de francs CFA, toutes taxes confondues, le projet tire son importance, du fait qu’il s’agit non seulement de faire la route, mais également de prendre en charge toutes les questions de facilitation des transports et transit routier. Et la construction du poste de contrôle juxtaposé participe de cette action. Une autre composante du projet est la réalisation de pistes connexes qui vont relier les villages qui sont à plus ou moins 5 kilomètres de la route principale.

Des forages et des réfections des centres de santé et d’écoles pas très distants de la route sont également prévus. Le coût total du projet a été estimé à environ 25 milliards de F CFA, selon M. Amadou Harouna, directeur de l’aménagement du territoire et des infrastructures à l’UEMOA. Du côté du Niger, les travaux de la route ont été exécutés à 100% et au Burkina, le taux d’exécution est de 30% à la date du 20 juillet 2010.

Selon Jean Wenceslas Kélem, chef du projet aménagement de la route, le chantier a commencé à 1,7 km de la ville de Dori avec le groupement d’entreprise Fadoul Technibois et CINCAT international SA. Les travaux se déroulent sur deux fronts.

Le premier va de Dori vers la frontière et le second, de la frontière vers Dori. Avec un délai d’exécution de 15 mois, les responsables des entreprises se disent confiants quant au respect de leurs engagements, malgré les "contraintes" liées à la saison des pluies.

En effet, pour cause d’impraticabilité de la route suite à une forte pluie tombée la veille sur Dori, les hommes des médias n’ont pu parcourir totalement le tronçon jusqu’au poste de contrôle juxtaposé. Toutefois, la portion visitée met en exergue le dynamisme des entreprises attributaires à faire de ce projet intégrateur, une réalité.

D’une longueur de 51,4 km et 10 mètres de large, la chaussée, de l’avis des techniciens, sera constituée d’une couche de fondation en graveleux latéritique naturel de 20 cm, d’une couche de base de 15 cm et de revêtement. Selon Baoui Nama, chef de mission de contrôle du chantier, des dispositions sont prises pour garantir la qualité des travaux.

Toutes les missions de contrôle, a-t-il poursuivi, fonctionnent de la même manière. Le suivi se base, note-t-on, sur la vérification de la qualité des matériaux et de la qualité de la mise en œuvre. Il s’agit de faire en sorte qu’il n’y ait pas de défaillance dans un des maillons.

Gageons que d’ici à fin janvier 2011, les travaux de la route seront totalement exécutés voire réceptionnés à la grande satisfaction des populations de l’UEMOA en termes de libre circulation des personnes et des biens.

Trabzanga ZOUNGRANA

trab_zoung@yahoo.fr


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