La malnutrition en milieu scolaire, objet d’étude
Le mercredi 7 juillet 2010, s’est tenu au Laboratoire national de santé publique (LNSP), un atelier de restitution d’étude sur l’état nutritionnel de santé des écoliers de la ville de Ouagadougou. Son objectif est d’élaborer des pistes de réflexion sur les solutions et stratégies à mettre en œuvre pour faire face aux problèmes identifiés.
La malnutrition est aujourd’hui, un problème préoccupant dans de nombreux pays en voie de développement. Le Laboratoire national de santé publique (LNSP) s’est affiché comme mission, le bien-être sanitaire des populations, à travers le Burkina Faso. Son siège, situé à Ouagadougou, a abrité, le mercredi 7 juillet 2010, un atelier de restitution d’étude portant sur l’état nutritionnel des écoliers de Ouagadougou.
Réalisé par Charles Daboué, nutritionniste au LNSP, le thème de recherche a porté sur le "double fardeau de la malnutrition à l’âge scolaire en milieu urbain : une étude au Burkina Faso". L’étude s’est intéressée à 12 écoles de la ville de Ouagadougou sur un échantillon de 800 sujets âgés en moyenne de 11 ans et demi et fréquentant la classe de CM1. L’auteur a constaté que 46,4 % des sujets présentent une déficience en vitamine A. 41,2 % sont anémiés.
Pour Charles Daboué, ces taux constituent des problèmes sévères de santé publique. Les écoliers des établissements publics sont les plus affectés, selon cette étude. Il en ressort également que 9 % des sujets accusent un retard de croissance et 66,4 % ont des parasites intestinales. La majorité des enfants interrogés affirment ne "jamais" se laver les mains avant de manger à l’école.
Cette recherche appelle "à des actions énergiques afin de trouver des solutions idoines aux problèmes identifiés". Pour le directeur général du LNSP, Daouda Traoré, cette étude, objet de thèse de Doctorat de M. Daboué, contribue à la consolidation des compétences de son institution en matière de recherche scientifique.
"La malnutrition reste caractérisée par les problèmes de carences multiples qui demeurent à des taux élevés mais il faut désormais se préoccuper des désordres chroniques qui sont en émergence fulgurante surtout auprès des populations adultes et âgées et il va falloir contrer le mal dès le bas âge", souligne Daouda Traoré.
Cet atelier de restitution était placé sous la présidence du secrétaire général du ministère de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation (MEBA). Il a connu la participation de plus d’une soixantaine de personnes provenant du ministère de la Santé, de l’Education, des organisations non gouvernementales, des directeurs d’écoles.
Des enseignants, des parents d’élèves, des vendeuses et aussi des écoliers ont été conviés à cette rencontre. Selon le secrétaire général du MEBA, Innocent Zaba, représentant le ministre, son département a lancé un programme de nutrition et santé scolaire. L’objectif est de contribuer à l’épanouissement physique et intellectuel des écoliers. Il soutient que l’étude de Charles Daboué vient combler un vide sur les connaissances de l’état nutritionnel des enfants.
"Les résultats permettront sans nul doute, d’éclairer nos décisions et nous inciterons aussi à développer des stratégies communes comme l’initiative des écoles amies de la nutrition, en vue d’optimiser les conditions de réussite scolaire, gage de développement", a relevé M. Zaba. Il pense aussi, qu’il faut miser sur la prévention. C’est l’avis également de la représentante HKI, Fanny Yago, partenaire de cette étude, pour qui la charge sociale et sanitaire à prévoir pour de tels problèmes de malnutrition étant énorme, il est important de développer des stratégies de prévention.
Elle estime que cette étude servira de point de départ pour la mise en œuvre, à titre pilote au Burkina Faso, de la nouvelle initiative de l’OMS lancée à Montreux en Suisse en 2006 et dénommée "Initiative Ecoles amies de la nutrition". Sachant que toutes les victoires remportées sur la malnutrition sont le fruit de recherches pertinentes, nous nous réjouissons de cette étude qui va sans doute, nous permettre d’ajuster davantage nos actions dans ce long combat contre la malnutrition sous toutes ses formes.
La recherche de Charles Daboué a été financé par le Programme canadien des bourses de la Francophonie (PCBF) et l’Agence canadienne de développement international (ACDI). L’atelier de restitution s’est tenu, grâce à l’Axe de recherche en santé des populations du Québec (RRSPQ) et du projet "Double fardeau nutritionnel", du laboratoire Transnut, en collaboration avec HKI-Burkina Faso.
Boukari OUEDRAOGO
(Stagiaire)