Quels rôles de la FEDAP-BC dans les actions de Blaise Compaoré ?
Portée sur les fonts baptismaux en octobre 2007, la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré est un regroupement de plusieurs associations qui ont soutenu le président du Faso dans ses actions. Cependant leur émiettement et leurs activités non coordonnées n’ont pas toujours permis une visibilité de leur impact réel sur le terrain.
Le regroupement en une fédération résout alors, la question du positionnement sur le terrain et des querelles de clocher qui ont souvent conduit ces associations vers des activités folkloriques au lieu d’être des lieux de rassemblement de tous ceux qui soutiennent Blaise Compaoré. Les géniteurs de la FEDAP-BC ont donc vu juste. L’heure est au resserrement des rangs et a une union sacrée autour de Blaise Compaoré.
Le CDP, le parti présidentiel, fait déjà le travail, me dira-t-on. Mais l’apport d’une telle structure peut soulager le parti de certains fardeaux, afin qu’il se penche sur les grandes orientations et réfléchisse à fond sur la marche à suivre pour que chaque militant joue sa partition dans la sérénité.
Gaston Soubeiga, le président de la FEDAP-BC et ses hommes ont alors une lourde tâche dans la vie publique et dans la réussite des activités du président du Faso.
Aussi, la fédération doit le savoir et éviter de ce fait, de se laisser distraire et prendre à bras-le-corps la question de la mobilisation consciente et des efforts à fournir pour atteindre les objectifs. Les atouts, la FEDAP-BC en possède, c’est à elle de mettre en place la stratégie pour réussir la mission.
Les atouts de la FEDAP-BC
Le premier atout de la FEDAP-BC c’est le CDP, le parti du président. Il connaît le terrain politique de notre pays à merveille. Il a dirigé victorieusement plusieurs campagnes politiques et possède de ce fait, les relais qui pourront servir à la FEDAP.
Le deuxième atout, c’est la mobilisation de ceux qui n’appartiennent à aucun parti mais qui sont déterminants dans la vie publique. certains de nos concitoyens ne sont pas membres du CDP, mais ont une admiration pour Blaise Compaoré et ce n’est pas de l’opportunisme. La FEDAP-BC peut recueillir ces derniers pour booster l’action du président.
Le président en effet, ne peut gouverner en ignorant ses concitoyens sans carte, sans étiquette comme le disent d’aucuns. La FEDAP-BC devient pour l’occasion, le lieu où ce type de citoyens vient faire entendre sa voix en toute liberté.
Le troisième atout, ce sont les membres d’honneur de la FEDAP-BC. Chacun d’eux est un notable dans son domaine d’activité. Ces membres d’honneur font partie donc de ce qu’on appelle les catégories dirigeantes. conseils et leurs implications véritables dans le jeu peuvent aider la FEDAP-BC à surmonter les obstacles qui sont nombreux et qui vont se dresser sans concessions devant la FEDAP. Ces hommes d’une autre expérience peuvent guider, afin d’éviter les sorties de piste dangereuses.
Le quatrième atout, c’est la FEDAP-BC elle-même. Gaston Soubeiga doit travailler à asseoir davantage la FEDAP qui compte en son sein, des hommes et des femmes aguerris aux luttes politiques. Il faudra peut-être à ce niveau, revoir certains mécanismes pour donner aux actions de la FEDAP-BC, la force souhaitée pour atteindre les objectifs sur le terrain.
Le travail sur le terrain
La FEDAP-BC l’a déjà entamé, dès sa création (meetings, conférences, remises de dons, etc.). Il faudra pour renforcer ces actions, organiser des rencontres personnalisées pour comme je le disais plus haut, attirer davantage les indécis utiles et tous ceux qui ne trouvent aucun intérêt à faire un effort particulier dans une activité politique. "Si j’ai ma pièce, je vote, si je ne l’ai pas, je m’en fiche".
A ce niveau, la FEDAP-BC l’a bien perçu, en souhaitant que les actes de naissance soient pris en compte dans l’élection présidentielle, Gaston Soubeiga vient au secours de l’ONI qui, malgré une débauche formidable d’énergie, ne pourra pas doter chaque Burkinabè d’une carte d’identité à temps pour voter.
Si cette requête est acceptée, la fédération pourra aisément faire son "boulot" en appelant les populations à prendre part au scrutin présidentiel. Un fort taux d’abstention lié au manque de pièces d’identité pourrait fragiliser l’ensemble du processus électoral. Si la FEDAP-BC a plusieurs atouts en sa possession, elle devra cependant, faire attention. Le triomphalisme est source de gros ennuis.
Eviter les pièges
Pour beaucoup de nos concitoyens, même au sein de ceux qui s’opposent à Blaise Compaoré, l’élection présidentielle est jouée d’avance, les carottes sont cuites. Blaise Compaoré va gagner. Or, on sait très bien que rien n’est jamais gagné d’avance. La FEDAP-BC doit le savoir et éviter le syndrome de Kubi Zara à Pô où le CDP a claironné tôt sa victoire aux élections municipales pour se retrouver à mordre ses doigts à l’annonce des résultats. Certains candidats font profil bas avec des allures de battus d’avance.
C’est un piège de l’intoxication pour endormir l’adversaire. Ces candidats pourraient se reveiller en redoutables challengers sur le terrain. Conscients sans doute de leurs faiblesses sur certains points ils vont essayer de traverser les lignes par les côtés en jouant les petits candidats aux faibles moyens.
Leur discours est d’autant vicieux qu’en même temps qu’ils s’avouent vaincus ils appellent le peuple souverain à réaliser le changement. Leur discours, peut être entendu si en face, on se croise les bras en attendant de faire sauter les bouchons. La FEDAP-BC doit malgré ses nombreux atouts, ne rien négliger et aller en campagne sans complexe, surtout de supériorité. Il faut sonner le rassemblement, rester vigilants et se donner les forces d’avancer pour faire bouger les lignes.
Mamadou Ali COMPAORE
Journaliste/RTB